Rouler au bioGNV en Auvergne-Rhône-Alpes : stations, prix au kilo, véhicules

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Je croise de plus en plus d’utilitaires siglés « GNV » sur les parkings de zones logistiques autour de Lyon, et la question revient souvent : est-ce un carburant réservé aux flottes professionnelles, ou une option accessible à un particulier ? Voici ce qu’il faut savoir avant de s’engager, stations, prix, véhicules et limites comprises.

GNV et bioGNV, quelle différence concrète ?

Le GNV (gaz naturel pour véhicules) est du méthane comprimé à haute pression, stocké dans des réservoirs spécifiques du véhicule. Il peut être d’origine fossile, extrait comme le gaz naturel classique, ou d’origine renouvelable : dans ce cas on parle de bioGNV, produit par méthanisation de déchets agricoles, de biodéchets ou de boues d’épuration puis injecté dans le même réseau de canalisations que le gaz fossile. Comme pour le chauffage au biométhane, le réseau étant maillé, il est impossible de garantir que les molécules qui remplissent votre réservoir à une station donnée sortent bien d’un méthaniseur plutôt que d’un gisement fossile : le « bio » se justifie par un bilan comptable sur l’ensemble du gaz injecté, pas par une traçabilité molécule par molécule. Le gaz naturel pour véhicules existe sous deux formes : comprimé (GNC, le plus répandu en station) et liquéfié (GNL, réservé aux poids lourds longue distance pour son autonomie supérieure).

Où trouver une station en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Le réseau s’est nettement densifié ces dernières années, porté notamment par le trafic logistique le long de l’axe rhodanien. Plutôt que de citer une liste d’adresses qui évolue vite (ouvertures, fermetures, changements d’exploitant), le réflexe le plus fiable reste de consulter la carte officielle des stations GNV/bioGNV tenue par l’association AFGNV, qui référence les points d’avitaillement ouverts au public à jour, ou les données de GRDF sur le développement du bioGNV. On trouve globalement une concentration plus forte de stations autour des grands axes logistiques (couloir rhodanien, périphérie lyonnaise) que dans les zones rurales de montagne, où l’offre reste clairsemée.

Prix au kilo et autonomie : à quoi s’attendre

Le GNV/bioGNV se facture au kilogramme, pas au litre. À titre d’ordre de grandeur, le prix au kilo oscille le plus souvent dans une fourchette de quelques dizaines de centimes à un peu plus d’un euro selon les stations et la conjoncture du marché du gaz, avec en général un net avantage face au gazole à équivalent énergétique. L’autonomie varie fortement selon le véhicule : quelques centaines de kilomètres pour un utilitaire léger, et sensiblement plus pour un poids lourd équipé de réservoirs GNL. Le calcul économique dépend surtout du kilométrage annuel : plus il est élevé, plus l’écart de prix au kilo compense rapidement le surcoût à l’achat du véhicule.

Carburant CO2 à la combustion (ordre de grandeur) Coût indicatif
Gazole Référence, le plus élevé du trio Prix à la pompe classique
GNV fossile Réduction sensible par rapport au gazole Souvent inférieur au gazole au kilo
bioGNV Fort recul sur le cycle de vie (production renouvelable) Proche du GNV fossile, parfois soutenu par des aides

Quels véhicules existent en bioGNV ?

L’offre reste dominée par les utilitaires légers (fourgons de livraison urbaine, bennes de collecte de déchets communales) et les poids lourds, où les constructeurs proposent des gammes dédiées pour le transport routier longue distance. Côté véhicules particuliers, l’offre est plus restreinte mais existe, essentiellement sur des citadines et compactes bicarburation essence/GNV proposées par quelques constructeurs généralistes. C’est un marché encore de niche comparé à l’électrique, mais cohérent pour des usages à fort kilométrage où l’autonomie compte plus que le temps de recharge.

L’avantage Crit’Air 1 dans les ZFE de Lyon et Grenoble

Les véhicules GNV et bioGNV bénéficient de la vignette Crit’Air 1, au même titre que les hybrides rechargeables essence récents. C’est un vrai argument dans les zones à faibles émissions mises en place à Lyon et à Grenoble, où les restrictions de circulation visent en priorité les véhicules les plus anciens ou les plus polluants selon le calendrier local. Pour une flotte professionnelle appelée à circuler quotidiennement en centre-ville, ce classement peut peser autant dans la décision que le prix du carburant lui-même.

Les limites à connaître avant de se lancer

Le réseau de stations, bien qu’en expansion, reste moins dense que celui des carburants classiques, ce qui impose de planifier ses trajets en zone rurale. Le surcoût à l’achat d’un véhicule GNV neuf par rapport à son équivalent thermique reste réel, et l’amortissement suppose un kilométrage annuel conséquent. Enfin, comme évoqué plus haut, la part réellement « bio » du gaz consommé à la pompe dépend du volume injecté sur le réseau national, pas d’une garantie physique à la station : un point de vigilance à avoir en tête plutôt qu’un argument marketing à prendre pour argent comptant.

Pour comprendre comment ce bioGNV est produit en amont, notre rubrique biogaz & énergies vertes détaille le fonctionnement des unités de méthanisation régionales, et notre article sur le gaz vert à la maison répond aux mêmes questions côté chauffage.


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