Courir à Lyon un jour de pic de pollution : ce que dit Atmo et comment adapter sa séance

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Un ciel voilé, une drôle de sensation dans la gorge au bout de dix minutes de course sur les berges du Rhône : à Lyon, certains jours d’été calmes et chauds, l’air est chargé bien avant que la chaleur elle-même ne devienne le problème. C’est précisément ce que surveille Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l’organisme agréé qui mesure en continu la qualité de l’air dans la région. Voici comment lire ses indications avant de sortir courir.

Ce que mesure vraiment l’indice ATMO

Depuis sa refonte nationale, l’indice ATMO ne se limite plus à un simple chiffre de 1 à 10 : il affiche un niveau qualitatif, du Bon au Extrêmement mauvais, calculé à partir de plusieurs polluants mesurés heure par heure — particules fines (PM10, PM2,5), dioxyde d’azote (NO2) et ozone (O3). C’est la combinaison de ces polluants, et non un seul d’entre eux, qui détermine le niveau affiché pour votre agglomération.

Un niveau « Dégradé » ou « Mauvais » ne signifie pas une interdiction de sortir, mais une recommandation d’adapter son activité, en particulier l’intensité et la durée des efforts physiques en extérieur — c’est le principe même des recommandations sanitaires associées à l’indice.

Particules fines et ozone : deux ennemis différents

En hiver, le problème vient surtout des particules fines, liées au chauffage et au trafic, plus présentes le matin et en soirée par temps froid et sans vent. En été, c’est l’ozone qui prend le relais : ce polluant se forme sous l’effet du soleil, à partir d’autres polluants émis plus tôt dans la journée, et atteint son pic en milieu et fin d’après-midi, quand le rayonnement est au plus fort. Autrement dit, le meilleur moment pour courir change selon la saison : tôt le matin l’été, plutôt en journée l’hiver si le vent a dispersé les particules de la veille.

Adapter sa séance sans l’annuler

  • Éviter les heures de pointe du trafic (7h30-9h30 et 17h-19h), surtout à proximité des grands axes comme le boulevard périphérique ou le quai à forte circulation.
  • Privilégier les espaces verts : le Parc de la Tête d’Or ou le Parc de Gerland, plus éloignés du trafic dense, filtrent une partie de la pollution grâce à la végétation.
  • Réduire l’intensité plutôt que l’annuler d’emblée : remplacer une séance de fractionné par un footing lent limite le volume d’air inhalé en profondeur.
  • Raccourcir la durée les jours de niveau « Mauvais » ou pire, plutôt que de maintenir la sortie longue habituelle.

Un jour de niveau « Très mauvais », mieux vaut parfois renoncer purement et simplement à la sortie extérieure et basculer vers une séance en salle ou un footing indoor sur tapis : l’effort cardio reste possible sans exposer les poumons à un air chargé. Certaines applications de course affichent désormais l’indice ATMO local en direct, un repère simple à consulter avant de nouer ses lacets, au même titre que la météo ou la température.

Les signaux qui doivent faire renoncer

Certains signes ne trompent pas : une gêne respiratoire inhabituelle, une toux sèche persistante, une sensation de brûlure dans la gorge ou les yeux pendant l’effort. Chez les personnes asthmatiques, allergiques ou souffrant d’une pathologie cardiovasculaire, la prudence doit être encore plus grande, et l’avis d’un professionnel de santé reste la meilleure boussole en cas de doute sur la conduite à tenir un jour d’alerte. Les enfants et les personnes âgées, plus sensibles aux pics de pollution, devraient eux aussi limiter l’effort intense en extérieur ces jours-là.

Ce lien entre qualité de l’air et mobilité du quotidien rejoint d’ailleurs un sujet que nous suivons de près dans notre rubrique Biogaz & Énergies vertes : une part de la pollution respirée sur les berges vient du trafic routier, et chaque bus ou camion converti au bioGNV plutôt qu’au diesel pèse, doucement, sur la qualité de l’air lyonnais de demain. En attendant, le réflexe le plus simple reste de consulter l’indice avant de partir, plutôt qu’après avoir toussé pendant tout un footing.


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